DÉCLARATION SOUS-SERMENT



DE LORI BRIM







État de Virginie



Comté de Henry





Lori Brim se présente ce jour et après avoir prêté serment déclare :



1/ Mon nom est Lori Brim. Je demeure à Henry en Virginie. Je suis 

   majeur, je peux lire et écrire en anglais. . L'information 

   contenue dans cette déclaration est vraie, elle est basée sur 

   ma connaissance directe des faits.



2/ Je connais Henry Skinner depuis plus de 14 ans. Il est 

   actuellement incarcéré dans le couloir de la mort du Texas.



3/ J'ai eu connaissance de l'allergie d'Henry à la codéine en 1983, 

   lorsque j'ai pu observer une très mauvaise réaction après que 

   cette drogue lui ait été prescrite. Le jour où Henry a eu cette 

   réaction allergique, il venait de rentrer du travail et nous 

   prenions un verre dans un bar proche de notre domicile. Henry a 

   commencé à se plaindre d'une douleur dans le dos et dans le côté. 

   Je l'ai accompagné à l'hôpital le plus proche. Le docteur qui 

   l'a soigné lui a donné une ordonnance de codéine contre la 

   douleur que nous sommes allés récupérer à la pharmacie sur le 

   chemin du retour. 



4/ J'ai donné à Henry la dose prescrite peu de temps après notre 

   retour. Environ quarante cinq minutes après avoir pris la codéine, 

   Henry a commencé à tituber, au point de ne plus pouvoir se tenir 

   debout et de délirer. Ses symptômes se sont tellement aggravés 

   qu'il avait du mal à respirer et qu'il avait la nausée, il suait 

   à grosses gouttes et ses paroles étaient incohérentes. Je me suis 

   inquiétée et j'ai téléphoné à l'hôpital pour en informer le 

   médecin. J'ai dû transmettre le message au médecin par 

   l'intermédiaire d'une infirmière. J'ai été informée qu'il avait 

   une réaction allergique à la codéine. Si son état d'incohérence 

   persistait, je devais le ramener à l'hôpital pour un lavage 

   d'estomac. 



5/ Cette nuit-là j'ai dû aider Henry à se mettre au lit. Il a essayé 

   de ne pas s'endormir, il me faisait penser à un enfant somnolant. 

   Quand il a eu besoin d'aller aux toilettes, j'ai dû l'aider pour 

   le soutenir et le guider. Lorsque nous étions dans les toilettes, 

   Henry m'a donné l'impression qu'il se "liquifiait" et qu'il ne 

   pouvait pas garder l'équilibre. Il était trop lourd pour moi et 

   je suis tombée par terre. J'ai fini par le ramener au lit. 



6/ Peu de temps après l'avoir aidé à se recoucher, il a commencé à 

   déblatérer sur Dieu et sur son enfance. Il commençait une phrase 

   sur une idée et la finissait sur un tout autre sujet. Ce qu'il a 

   dit pendant toute cette soirée n'avait ni queue ni tête. A un 

   moment, il a voulu une cigarette, j'ai dû l'allumer pour lui et 

   la tenir devant sa bouche pour qu'il puisse fumer.



7/ Les symptômes d'Henry ont duré environ quarante-cinq minutes. Il 

   a fini par s'assoupir et il a dormi pendant deux heures alors que 

   je veillais sur lui. Sa réaction avait été si forte que je 

   n'aurais pas pu le laisser sans surveillance parce que j'avais 

   peur qu'il meure. Quand Henry s'est réveillé, il était très 

   faible et il parlait lentement. 



8/ Je vivais en Virginie au moment du procès d'Henry en 1995. J'ai 

   lu les rapports dans la presse sur son arrestation et la 

   préparation de son procès. J'ai écrit une lettre aux avocats 

   d'Henry, Harold Comer, avant le procès pour lui demander si je 

   pouvais être d'une aide quelconque pour sa défense. M. Comer 

   m'a téléphoné après l'avoir reçue. Il ne m'a pas posé de 

   question concernant ma connaissance de l'allergie d'Henry à la 

   codéine. Personne impliqué dans la défense d'Henry ne m'a 

   jamais demandé de témoigner alors que j'avais proposé de le 

   faire.



Je certifie que les paragraphes ci-dessus, numérotés de un à huit 

sont la vérité et sont basés sur ma connaissance directe des faits.





Lori Brim



Le 19/1/1998



Acte Notarié par Angela Beam.