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OU LA JUSTICE MANIPULEE DEVIENT UNE PARODIE DE JUSTICE

Nouvel An 1993

Le soir du Nouvel An 1993, Hank et Twila se préparaient pour ce réveillon à leur domicile de Pampa, Texas. Hank revenait de son travail vers 15H30 et a demandé au fils de Mlle Busby, Elwin (Scooter) Caler 22 ans, d'aller acheter de la vodka.

Hank et Twila commencèrent les festivités de bonne heure cette année là. Hank but, sciemment, un cocktail de comprimés de Xanax et d'alcool. Par ailleurs, il fut sujet à une overdose, quasi fatale, de codéine et il s'est effondré vers 22H15. Lorsque Howard Mitchell, un de leurs amis proches, vint les chercher pour se rendre chez lui pour le réveillon, il tenta vainement de sortir Hank de cet état. D'après la déposition de Mr Mitchell, en août 1994 "lorsque je suis arrivé, Mr Skinner était allongé sur le canapé, endormi et il y avait une grande bouteille de vodka sur la table du salon. Je l'ai secoué par le bras au moins cinq fois et n'ai obtenu aucune réaction de sa part - il était complètement ko".

Mitchell et Twila sont partis pour le réveillon. Des témoignages furent soumis lors du procès expliquant que Twila avait quitté la soirée de bonne heure. D'après le "relevé des témoignages du procès" (faisant partie du résumé pour l'appel direct et des preuves présentées à la Cour):

"(il fut cité que:) Mitchell et Twila avaient laissé le défendant seul dans la maison et sont allés au domicile de Mr Mitchell où se déroulait une soirée de réveillon. L'oncle de Twila, Robert Donnell, était particulièrement saoul ce soir là. Donnell était un homme corpulent et de mauvais caractère, le genre d'homme à avoir un couteau dans son coffre de voiture. Il avait utilisé la force, pour se faire rembourser une dette liée à une affaire de drogue, auprès d'une femme et avait violé une jeune fille alors qu'elle dormait. Donnell suivit Twila tout au long de la soirée alors qu'il la harcelait et lui fit des avances. Twila commença à s'inquiéter et demanda à Mitchell de la raccompagner".

Twila arriva chez elle entre 23H00 et 23H15. Peu de temps après, elle fut battue à mort. Son plus jeune fils fut poignardé dans son lit. Le meurtrier poignarda également Scooter mais il parvint à s'échapper jusqu'au jardin d'un voisin où il s'effondra. Scooter ne reprit jamais conscience et mourut peu de temps après. Il fut trouvé par un voisin qui appela la police à 23H59.

Après avoir bu toute la soirée et avoir ingéré une forte dose de codéine, à laquelle il est sérieusement allergique (on pense qu'il a été accidentellement ou sciemment empoisonné par un rajout de comprimés dans son verre), Hank était comateux pendant les meurtres comme le prouvent les témoignages. Peu de temps après l'attaque, il semblerait que Scooter soit venu secouer Hank et le fit sortir de la maison afin de trouver de l'aide. Apparemment, Scooter laissa Hank dans l'allée et continua jusqu'à un jardin du voisinage, comme précédemment indiqué. Hank finit par descendre l'allée pour trouver son chemin vers un autre voisin où il demanda de l'aide et où il fut arrêté trois heures plus tard. Son état comateux lui aurait permis d'échapper à toute attaque physique pendant les crimes, à moins que Scooter ne soit parvenu à chasser le meurtrier avant que Hank ne fut lui-même attaqué.

De toutes façons, il est évident que celui qui commit ces crimes s'intéressait d'abord à Twila, Scooter et Randy, peut être à cause d'une rancoeur à leur égard qui ne concernait pas Hank.

Le lieu du crime

Lorsque la Police arriva sur place, dans la maison où Scooter s'était réfugié, ils surent rapidement où il habitait et se précipitèrent. Une fois sur place, ils n'accordèrent aucune attention aux règles habituelles pour préserver le lieu d'un crime, ceci est pourtant jugé comme un élément essentiel pour toute enquête. Des mots de Hank: "Ils ont piétiné partout". Lors des premières dépositions avant le procès, il fut révélé, qu'il n'y eut pas moins de 18 officiers et un chien en même temps dans la maison.

La police trouva le manche ensanglanté d'une hache à côté du canapé ainsi qu'un couteau de cuisine dans l'allée. Il y avait un grand nombre d'empreintes dans la maison, deux (qui furent ultérieurement identifiées comme celles de Hank) furent trouvées, à 61 et 76 cm du sol, respectivement, sur la porte de la salle d'eau. Aux alentours de la maison, deux empreintes de main furent relevées sur et à proximité de la porte de la cuisine qui donne sur les toilettes à l'arrière de la maison: l'une fut ultérieurement identifiée comme étant celle de Hank, la seconde ne fut jamais identifiée, mais fut, néanmoins, assimilée comme étant la sienne lors du procès. Sur la porte d'entrée, une autre empreinte fut trouvée et identifiée comme étant celle de Hank.

Bien entendu, lors de l'enquête préliminaire, aucune preuve n'avait été identifiée ou analysée. Pourtant, dès les premières minutes après la découverte des corps, la police décida que Hank était le meurtrier. D'après la déclaration sous serment - de J. Wallace, officier de police d'après laquelle le mandat d'arrêt fut établi - "Le Shérif Stubblefield savait qu'Henry Watkins 'Hank' Skinner vivait avec Twila Busby au 801 East Campbell et le shérif Stubblefield avait le sentiment que Skinner y était pour quelque chose".

Les autorités locales étaient connues pour avoir une dent contre Hank à cause de son travail pour les droits civiques, et tout particulièrement la partie de son travail à travers laquelle Hank défendait les droits de citoyens accusés, il s'en prenait aux autorités pour violation des droits civiques et pour toute autre méthode illégale employée par ces autorités.

En fait, ils étaient tellement déterminés à prouver que Hank était le meurtrier qu'ils ont même envoyé un chien sous les fondations de la maison pour le trouver, au cas où, et tout cela sans autre preuve, à cette heure là, pour le lier à ces crimes mis à part le fait qu'il habitait sous le même toit.

Expertise Médicale et Médico-légale du dossier contre Hank Skinner

Les recherches sur le lieu du crime ont continué, sans mandat, pendant dix jours, un abus fondamental du droit constitutionnel. Toutefois, le juge a validé l'admissibilité de ces éléments.

Glenn Unnasch, l'expert pour les empreintes du Laboratoire Criminel de la Sécurité Publique d'Austin, fut convoqué sur place le 5 janvier 1994. Mr Unnasch fut apparemment "gêné" dans son enquête par la police de Pampa qui "refusa de lui laisser inspecter la totalité du lieu et le dirigea vers les empreintes ensanglantées qu'ils avaient trouvées et lui dirent de ne relever que celles-ci. On ne lui demanda que de relever mes empreintes" (Hank Skinner).

D'après la déclaration des témoignages déposée par Steven C. Losch, l'avocat représentant Hank pour son appel direct, "Unnasch pense qu'une recherche sur le lieu du crime pour des empreintes, non ensanglantées ou trouvées sur une surface ensanglantée, aurait pu produire des preuves importantes, mais il ne les a pas relevées parce que la police de Pampa ne le lui a pas demandé. Unnasch n'a pas eu, non  plus, à comparer l'empreinte du défendant à celle que Burroughs a constatée sur l'avant-bras gauche de Twila".

La déclaration des témoignages avait encore bien d'autres choses à révéler concernant les expertises médico-légales des prélèvements effectués sur place. Il a été cité plusieurs moments de l'enquête au cours desquels l'équipe a refusé d'effectuer ces tests sur des prélèvements de sang qui auraient pu expliquer l'origine d'une telle concentration de sang et sur la manière dont il s'était accumulé (du sang répandu, lié directement à la proximité de l'attaque, du sang imprégné, lié directement à une accumulation quelques temps après l'attaque, etc...) Par ailleurs, il y a un certain nombre de points intéressants concernant la qualité de ces expertises médico-légales.  Ce qui suit est issue directement de la déclaration des témoignages.

"...La police de Pampa demanda au criminalisticien du Département de la Sécurité Publique, Gary Stallings, de déterminer si la tache foncée sur la serviette trouvée dans le sac poubelle était du sang humain. Stallings n'a jamais effectué cet examen ou fait de recherche sur l'origine du sang sur le couteau dans le sac..."

"...Stallings n'a pas observé la demande de (détective Terry) Young pour déterminer si le sang sur la lame du couteau trouvé sur le porche de la maison était celui du défendant ou celui d'une des victimes. Young pensait que la réponse à cette question était importante. Stallings dit que c'était insignifiant car il n'y avait aucune preuve qu'aucune des victimes n'avait été poignardée avec ce couteau. La partie civile n'était pas d'accord avec Stallings: elle avait dit au jury, dans sa présentation des faits, que le défendant avait poignardé Caler avec ce couteau..."

"...Le Dr Peacock a conservé... (évidence potentielle de viol) un kit de viol. Cet élément aurait pu prouver que Twila avait eu des rapports sexuels avec quelqu'un d'autre que le défendant le soir même ou aux alentours du jour du crime. Young pensait que c'était important de faire les tests mais Stallings décida de ne pas les effectuer car il ne croyait pas que Twila avait été violée. Stallings ne savait pas que le corps de Twila avait été retrouvé avec la braguette ouverte et son corsage remonté au niveau du ventre..."

"Le Dr Peacock et Stallings étaient d'accord sur le fait que les cheveux trouvés dans la main de Twila Busby... auraient pu provenir de la tête de l'attaquant... Aucun test ne fut effectué sur les cheveux car Stallings pensait qu'ils provenaient de la tête de Twila sur la moquette..."

"...Stallings admit que... son (celui de l'assassin) sang aurait pu se retrouver sous les ongles de Twila. Les coupures des ongles ensanglantés de Twila Busby furent conservés et présentés à Stallings pour être testés. Stallings ne demanda pas de tests ADN pour déterminer la provenance du sang car il pensait qu'il devait s'agir du sang de la victime..."

Très peu d'attention fut portée, à ce moment-là, à des preuves potentielles. Il paraît évident que pour l'équipe d'enquêteurs, leur homme était tout trouvé ou peut être était-il simplement, comme nous le verrons plus loin, celui qu'ils voulaient qu'il soit.

En résumé de ce paragraphe, nous laisserons le dernier mot à Hank lui-même, des mots qui illustrent parfaitement son exaspération et sa frustration à propos de la manière avec laquelle ce "dossier" contre lui fut protégé de toutes preuves susceptibles de l'innocenter.

"Gary Stallings, qui était le criminalisticien en charge des tests effectués, déclara sous serment qu'il n'y avait pas de raison pour tester le sang sur les éventuelles armes du crime, pas plus que les empreintes ou toute surface sur laquelle elles furent trouvées, tout cela 'n'était pas en rapport avec l'enquête... Stallings l'a comparé (le couteau trouvé sur le porche) à 'une tasse de sang que le vent aurait emporté dans la cour', qu'il n'y avait aucune preuve que celui ci était lié aux crimes et par conséquent qu'il n'y avait aucune raison d'en tester la provenance. Il ajouta que ceci aurait présenté une 'complication inutile' pour les preuves. Si ce que je crois est exact, ceci n'aurait sûrement pas été une complication. Cela aurait prouvé mon innocence."

Droits civiques

Pourquoi les enquêteurs de l'État ont-ils tranché si rapidement la culpabilité de Hank, avec si peu de preuves. La réponse se trouve probablement dans les activités de Hank, avant les crimes. Il était un empêcheur de tourner en rond pour les autorités au Texas et plus particulièrement celles de Gray County. Hank pense qu'il a été victime d'un coup monté et développe son raisonnement de façon convaincante.

De ses propres mots: "J'ai toujours ouvertement défendu la constitution, les droits constitutionnels ainsi que les droits des prisonniers. Pendant des années, j'ai été actif en contribuant à des plaintes de prisonniers concernant les conditions de détention, j'ai représenté des détenus lors  des suspensions de liberté conditionnelle, procès..., j'ai conseillé des détenus lorsque leurs avocats véreux leur avaient menti et avaient découragés ceux qui plaidaient pour leur innocence au lieu de conclure des marchés."

"J'ai eu de nombreuses interviews avec le journal de Pampa à propos de la manière dont l'ancien shérif, Jimmy Free, traitait les détenus dans la prison et violait leurs droits. En résumé, j'étais dérangeant pour les autorités de Gray County et particulièrement, pour le Procureur ainsi que le bureau du shérif."

Dans une autre déclaration sur le même sujet:

"Lorsque j'ai été arrêté, le Procureur avait deux affaires contre moi. Il m'avait fait arrêter précédemment pour un faux cambriolage, mais j'avais réclamé la première audience préliminaire à Gray County depuis 17 ans, et ce avant qu'il puisse me faire condamner, j'ai prouvé que ces accusations étaient fausses."

"Pendant le procès de la seconde affaire, les témoins ont admis que le Procureur mentait car il était furieux contre moi. Il avait, lui-même, été un adolescent agité qui avait eu plus à faire à la loi que moi. J'avais deux condamnations derrière moi, toutes les deux pour des vols de voitures."

"J'ai eu une condamnation avec sursis et mise à l'épreuve suite à une altercation avec un policier ; mise à l'épreuve de trois ans que j'ai honorée. Les preuves démontraient que je ne l'avais pas attaqué. Il m'avait arrêté pour intoxication sur un lieu public, m'a emmené à la prison de la ville et a commencé à me battre. Quand il est tombé sur moi, j'ai relevé mon genou qui l'a touché dans les parties génitales."

"Bref, le Procureur regroupait ces condamnations... la théorie étant que s'il en entassait suffisamment, qu'elles soient justifiées ou non, il finirait bien par me faire condamner dans une affaire ou une autre. Il a été cité comme ayant dit qu'il 'se fichait éperdument de savoir si j'étais coupable ou pas', de toutes façons, il allait 'm'envoyer au trou pour très, très longtemps'. Ce crime (le meurtre) était l'opportunité parfaite pour mettre sa menace à exécution, ce qu'il fit."

Anatomie d'un meurtrier?

Mais est-ce que Hank Skinner pouvait être le meurtrier?

Trois heures après la recherche initiale sur le lieu des crimes, la police remonta jusqu'à Hank chez un voisin et l'arrêta immédiatement. Hank raconte qu'il a été emmené au commissariat, déshabillé et photographié. Il était tellement malade suite à l'absorption d'alcool et de codéine qu'il était incapable de se tenir debout pendant qu'on le photographiait; d'ailleurs, la police a du le maintenir debout afin de prendre des clichés.

Ceci apporte quelques éléments sur sa condition physique pendant la nuit où il fut accusé d'un triple meurtre ; mais il y a un grand nombre d'éléments qui permettent d'émettre de sérieux doutes sur sa capacité physique, et d'ailleurs mentale, pour pouvoir avoir commis ces meurtres.

Hank au moment de son arrestation
Hank au moment de son arrestation

Après avoir été photographié, Hank a été emmené à l'hôpital pour des prélèvements sanguins. Ces analyses ont donné des résultats incroyables. Ils ont indiqué que le taux d'alcool dans le sang, à l'heure des crimes, était de 0,21 %. Ces prises de sang ont été faites six heures et demie après l'heure présumée du crime. Il a été prouvé, lors du procès, qu'il n'aurait pas pu avoir bu chez sa voisine. Elle était une ancienne alcoolique qui n'autorisait, en aucun cas, une boisson alcoolisée chez elle. Encore plus saisissant, les examens de sang ont prouvé que le taux de codéine, dans le sang de Hank, à l'heure des crimes était de 0,44 grammes pour 100 ml. Hank est dangereusement allergique à la codéine, un fait noté dans ses dossiers médicaux depuis l'âge de 19 ans (il en a aujourd'hui 40, avait 31 ans à l'époque des meurtres). Cette allergie implique un état de léthargie, de délire et d'hallucination - qui plus est, elle fait de lui quelqu'un de "mortellement malade ".

William T. Lowry, Médecin, un expert médico-légal, a certifié au procès que la synergie (ou effets combinés) d'un tel niveau de codéine et d'alcool dans le sang, l'aurait rendu incapable de commettre de tels actes.

Dr Lowry indiqua que l'alcool, seul, "aurait causé une confusion mentale, une désorientation, des étourdissements, une modification sensorielle... un équilibre instable, des phases de chancellement...". Un tel taux de codéine, à lui seul, aurait impliqué, pour tout individu, "un état d'endormissement, la codéine est une drogue, c'est un sédatif et tous les centres nerveux auraient été ralentis. Donc, normalement, une personne serait plongée dans un profond sommeil."

Dr Lowry a pu confirmer le témoignage d'Howard Mitchell qui, à 21H30 ce soir-là (quand il est venu chercher Twila), disant que Hank aurait effectivement été dans "un état comateux" ou "inconscient et incapable de réagir à un stimuli extérieur." Le médecin déclara qu'à minuit, Hank aurait été dans un "état léthargique".  Dans cet état, à cette heure-là, "la majorité des gens auraient été endormis, mais l'état de léthargie peut se manifester éveillé ou endormi."

Le médecin a indiqué qu'en termes de pharmacologie et de neurologie, il était "hautement improbable" que Hank ait pu infliger les blessures liées aux trois meurtres. Ils "auraient nécessité une réflexion considérable, une grande énergie et une coordination certaine... Tout individu, dans un tel état de léthargie, aurait eu besoin de toute son énergie pour se tenir debout, marcher et de beaucoup plus pour tenter de gérer une arme - ou de donner un coup avec une telle arme."

De plus, dans son témoignage, le Dr Lowry indique que le positionnement des empreintes de main trouvées sur le lieu du crime, identifiées comme étant celles de Hank, seraient cohérentes avec le comportement de quelqu'un titubant et souffrant des effets d'une intoxication ayant entraîné un état de léthargie. "...dans un état de léthargie, une personne aurait besoin de s'appuyer sur quelque chose afin de se tenir debout ; mais le résultat n'en est pas garanti pour autant, et parfois, cette personne aurait besoin d'un peu plus d'assistance... en s'agrippant à des objets pour se relever."

Par ailleurs, il ajouta qu'il était tout à fait logique, dans cette situation, qu'un individu, dans un tel état, se trouve taché avec une accumulation de sang d'autres individus se trouvant sur le chemin pendant qu'il aurait tenté de se déplacer. "Dans un environnement tel que vous le décrivez (le lieu du crime), il aurait fallu man½uvrer sérieusement, en se déplaçant, afin ne pas se tacher avec le sang d'une personne ou d'une autre. Une personne dans un état de léthargie se déplace... de façon saccadée et dans des directions différentes. "Ces deux dépositions confirment les affirmations de Hank concernant l'accumulation de sang et les empreintes qu'il a laissées lorsqu'il a titubé pour sortir de la maison.

Toutefois, cela ne se termine pas ainsi. En plus de ces éléments, Hank était, en terme de pharmacologie, en état d'incapacité, il y a d'autres preuves irréfutables pour suggérer que Hank ne pouvait pas être le meurtrier. (Nous devons ici préciser que ce qui suit peut être choquant et causer une certaine détresse toutefois, les implications sont extrêmement importantes, nous vous invitions à lire ce qui suit) Dr Elizabeth Peacock, l'expert médical de l'État, a certifié que les coups portés à la tête de Twila étaient d'une telle force que des éclats d'os ont été retrouvés jusqu'au centre de son cerveau. L'os du crâne de Twila était anormalement épais. "Chez certains individus, cela rend la matière osseuse plus fragile et spongieuse ; chez d'autres individus, cela rend l'os plus dense et impénétrable, beaucoup plus résistant qu'à l'ordinaire, et c'était le cas pour Twila." Le Dr Peacock indiqua que le meurtrier devait posséder une grande force et de la dextérité pour avoir pu manier une arme avec autant de force et provoquer de telles lésions.

Par ailleurs, l'expert médical trouva des éléments qui indiquaient que Twila avait été étranglée avant sa mort, avec des mains suffisamment fortes pour laisser des traces sur la peau et causer une fracture osseuse. Clairement, le meurtrier de Twila Busby était un homme de grande force physique. En comparaison, Hank Skinner a une main handicapée suite à une blessure liée à l'utilisation d'une scie. L'accident a causé une perte de chair sur la palme de sa main et, en conséquence, il a subi des séquelles de sensibilité nerveuse sur cette zone ainsi qu'une perte de chair équivalent à 50% de sa paume. Hank est un homme de petite taille, 1,79 m pour 64 kilos. Entre son intoxication et sa main handicapée, il était dans l'incapacité physique de commettre ces crimes.

Ceci aurait dû, sans l'ombre d'un doute, jeter une zone d'ombre sur les affirmations de la partie civile quant à la culpabilité de Hank Skinner. De ses propres mots: "L'expert médical a démontré, devant la Cour, la méthode de strangulation sur Twila Busby. Cette strangulation a été faite avec les deux mains à plat, les pouces l'un sur l'autre, les doigts de part et d'autre de la nuque. La position 0 'classique' pour une strangulation. Je n'aurai jamais pu y parvenir."

En résumé, Hank le dit très bien: "Le fils le plus âgé, Scooter, avait 22 ans, mesurait 2 m et pesait aux alentours de 120 kilos, il était en parfaite santé. Je suis un homme menu, 1,79m pour 64 kilos et, à l'heure des crimes, j'avais un taux d'alcoolémie de 0,24 grammes dans le sang, ce qui est le double d'un taux d'ivresse. Ajouter à cela, 44 grammes par 100ml de sang pour la codéine et la synergie des deux éléments, ajouter à cela mon allergie à la codéine... Considérez la force requise pour infliger de tels coups. Les coups de couteau sur les garçons n'étaient qu'à quelques centimètres les uns des autres, groupés. Pensez à la précision, à la dextérité requise pour aboutir à de telles blessures sur une personne, deux d'entre elles étaient des cibles en mouvement, je présume. Prenez tout cela en considération et dites-moi que je suis celui qui a tué ces trois personnes. Non seulement, c'est tiré par les cheveux, mais c'est dément et impossible."

L'assassin de Randy Busby - Une question de taile

Quel Mobile?

Seuls les criminels psychotiques et mentalement dérangés tuent sans raison apparente. Là se trouve un problème majeur pour la partie civile dans son dossier contre Hank Skinner. Hank n'est ni psychotique, ni mentalement dérangé – loin de là – il a un esprit d'analyse très clair et il est prédisposé à aider les autres, comme les faits l'ont prouvé avec son travail régulier dans le domaine para-juridique afin de protéger les droits constitutionnels des prisonniers et de ceux en attente de procès à la maison d’arrêt de Gray County au Texas. Par conséquent, un mobile « rationnel » pour le meurtre devait être communiqué au jurés afin de les persuader de la culpabilité de Hank.

Hank Skinner vivait sur le lieu des crimes, le vol n'était donc pas une option valable. Lui et Twila étaient dans une relation que chacun d'entre eux pouvait quitter à tout moment – donc, la partie civile ne pouvait pas non plus invoquer une possible haine – alors ils optèrent pour la jalousie, un mobile notoire et spontané dans la plupart des affaires de meurtres. Il n'y avait qu'un seul problème – le Procureur, John Mann, avait tenté de persuader les jurés d'un fait contradictoire.

Dans son approche pour prouver que Hank Skinner était le seul suspect pour ce crime, la partie civile a affirmé qu'il n'y avait pas d'autres personnes présentes dans la maison, en dehors des victimes et de Hank Skinner, au moment des faits (cette affirmation est fausse – en fait l'équipe d'enquêteurs a activement refusé de tester toute évidence qui n'impliquerait pas Hank – la présence de la présence d'une tierce personne existait et elle n'a pas été testée, c'est tout). Alors d'un côté, la partie civile argumentait que Hank Skinner avait tué sa concubine et ses deux fils adultes par jalousie – d'un autre côté, elle argumentait également qu'il n'y avait, dans la maison au moment des crimes, personne d'autre dont Hank aurait pu être jaloux. Par chance pour eux, le commentaire d'un des témoins, Howard Mitchell, s'est avéré très utile pour les efforts de la partie civile afin « d'établir » le mobile de jalousie. Howard Mitchell avait témoigné que, un peu plus tôt dans la soirée, il s'était arrêté chez Hank et Twila pour les emmener à la soirée de réveillon qui se tenait chez lui. Il a certifié que lorsqu'il est arrivé, Hank était allongé sur le canapé, inconscient. Après avoir vainement tenté de le faire émerger en le secouant par le bras, Howard Mitchell et Twila sont partis pour la soirée de réveillon, laissant Hank dormir sur le canapé. Pendant la fête, Twila est devenue nerveuse en présence de son oncle, Robert Donnell, qui l'avait attaquée et violée à deux reprises. Cette nuit-là, Donnell lui a fait de nouveau des avances. Twila a demandé à Mitchell de la ramener, ce qu'il fit. Mitchell lui donna son baiser de bonne année avant de repartir chez lui, «je ne veux pas dire un baiser sur la bouche, juste une bise, vous savez» (extrait du témoignage de Howard Mitchell pour la partie civile lors du procès). Aussi incroyable que cela puisse paraître, la partie civile a tenté d'insinuer qu'une bise de nouvel an avait été l'étincelle d'une crise de jalousie incontrôlable qui aurait mené au crime.

Selon le résumé du Procureur, John Mann, devant le jury : « Vous vous souvenez d'elle (le Dr Elisabeth Peacock, médecin expert) vous parlant de l'épaisseur de l'os crânien de Twila, disant combien il était plus épais que la moyenne… et pourtant, elle a été frappée avec suffisamment de force pour fracturer la boîte crânienne et l'enfoncer dans le cerveau et ce en plusieurs endroits ? Mesdames et Messieurs, ceci est un acte de rage. C'est un acte de rage. C'est l'acte de Twila Busby, faisant ce qu'Henry Skinner, lui a dit de ne pas faire, de sa propre voix et avec ses propres mots, sur cette cassette que vous pouvez écouter : « Je lui avais dit de ne pas aller chez Howard Mitchell. Chaque fois qu'elle y va, elle fout tout en l'air. » Vous savez ce qu'il s'est passé. Il n'y est pas allé, elle oui. »>

« Je vous ai dit pendant notre entretien individuel, nous n'avions pas besoin de prouver le mobile, mais nous l'avons. L'évidence le montre – et une conclusion ou déduction logique de cette évidence est – quand il s'est réveillé, s'il était endormi, elle était partie. Howard Mitchell la raccompagne, ils restent assis dehors à bavarder pendant quelques minutes, il l'embrasse pour le nouvel an. Elle entre dans la maison et vous pouvez imaginer la sainte terreur avec laquelle elle fut accueillie. Vous pouvez le contaster devant vos yeux, c'est un acte de rage. »

Il n'y avait aucune preuve pour conforter cette théorie spéculative ; et d'ailleurs elle peut être facilement démontée. Principalement, le témoignage de Mitchell lors du procès qui indique que Hank n'avait aucune raison d'être jaloux :

La défense : Et je crois que vous avez témoigné l’avoir conduit jusqu'à la maison (en ramenant Twila chez elle après la soirée) et vous êtes allés dans l'allée et vous vous êtes garé ?

Mitchell : Ouais, je n'ai même pas coupé le moteur. Je l'ai raccompagnée, je me suis arrêté, je lui embrassé pour la bonne année et je suis reparti directement chez moi.

………

La défense : Vous n'êtes pas sorti de la voiture pour rentrer dans la maison ?

Mitchell : non, je ne l'ai pas fait.

………

La défense : Laissez-moi vous demander si vous aviez déjà eu l'occasion de parler avec Twila de ses sentiments à l'égard de Hank Skinner ?

Mitchell : Oui.

La défense : Quels étaient ses sentiments à l'égard de Hank Skinner, tels quels vous les a exprimés ?

Mitchell : En fait, elle disait être follement amoureuse de lui.

La défense : … Étiez–vous à ses côtés lorsqu'elle a fait cette déclaration à plusieurs reprises ?

Mitchell : Elle l'a fait à de nombreuses reprises.

Deuxièmement, ce qui est plus important encore, c'est le recoupement de trois déclarations de témoignages indépendants qui prouve que Hank n'aurait pas pu voir Twila revenir à la maison et embrasser Mitchell, le soir du nouvel an.

Tout ce qui suit a été présenté lors du procès :

Howard Mitchell a certifié qu'entre 22H et 22H15, il est arrivé au domicile de Hank et Twila où il a trouvé Hank «allongé sur le canapé, inconscient… je n'ai pu obtenir aucune réaction de sa part… Je lui ai agrippé le bras et je l'ai secoué…(il était)… dans une espèce de coma peut-être… je ne veux pas dire un léger… je veux dire, il était… il n'avait aucune réaction.» Il témoigna ensuite que Twila et lui avaient quitté la maison – Hank Skinner toujours allongé inconscient sur le canapé. Des prélèvements sanguins ont été effectués sur Hank, à peu près six heures et demi après l'heure des crimes. Ceux-ci montrent un taux important d'alcool et de codéine. D'après ces résultats, et d'après le témoignage de Howard Mitchell, le toxicologue Dr William Lowry a pu déterminer et certifier qu'à l'heure des crimes, Hank Skinner était dans un état de léthargie. Le médecin a certifié que dans cet état, la plupart des gens auraient été inconscients, même s'ils auraient pu se réveiller. Dans l'improbable éventualité qu'ils puissent être éveillés, ils «…utiliseraient le plus gros de leur énergie pour tenter de se tenir debout, de marcher… dans un état léthargique, une personne devrait s'accrocher à quelque chose pour parvenir à se maintenir debout ; et parfois sans y parvenir, elle serait enclin à rechercher un peu… d'assistance pour s'agripper à des choses afin de pouvoir se redresser et se tenir debout.» Il est clair que dans un tel état, Hank était allongé sur le canapé, inconscient ou pas.

En réponse à une question de la défense «… je crois que vous avez témoigné avoir conduit jusqu'à la maison, êtes-vous allé dans l'allée et vous y êtes-vous garé ?» Howard Mitchell a témoigné que «Ouais, je n'ai jamais arrêté le moteur. Je suis juste allé jusqu'à la maison, je me suis arrêté, je l’ai embrassé pour la nouvelle année et je suis reparti directement.»

Maintenant, voilà le hic…

Ce que nous avons, maintenant, témoignage et échantillons de sang qui prouvent que Hank Skinner était effondré chez lui, vraisemblablement inconscient – ou dans le meilleur des cas semi-conscient et largement immobilisé. Dans cet état, Hank aurait du être à l'affût, près d'une fenêtre donnant sur l'allée au moment précis où Howard Mitchell embrassé Twila pour la nouvelle année; il aurait du, pour cela, être suffisamment lucide pour comprendre ce qu'il se passait ; suffisamment agité pour se soucier de cette tradition inoffensive ; et – selon les affirmations de la partie civile – fort et suffisamment coordonné pour entreprendre une action violente contre Twila Busby et ses deux fils.

Cela semble déjà bien improbable, n'est-ce pas ?

Pourtant, l'improbabilité pénètre dans le royaume de l'impossibilité quand on considère les faits qui n'ont jamais été présentés devant la cour. Pour vous aider à comprendre, ce plan du lieu des crimes tel qu'il était le soir des meurtres :

Porch

La voiture de Mitchell était garée dans l'allée (tout à fait à droite). Hank était inconscient sur le canapé du salon. La fenêtre donnant sur le porche (à droite) est la seule qui offre une vue directement sur l'allée. Si Hank se tenait debout au bon endroit dans la pièce (complètement à gauche) et s'il y avait une vue dégagée à travers la fenêtre du salon et la bonne fenêtre du porche, il aurait pu, éventuellement, voir une petite partie de l'allée. Néanmoins, la fenêtre du porche en question était obstruée par des boites, une penderie et une glacière. De plus, le Dr Lowry a été en mesure de déduire que Hank n'aurait pas pu se tenir debout – forcément puisqu'il était vraisemblablement inconscient.

Porch

Pour illustrer un peu mieux, se trouve ci-dessus la photo du porche et de l'allée. Les véhicules qui s'y trouvent n'ont rien à voir les crimes et c'est pourquoi ils ont été floutés afin de préserver leur anonymat.

Pour que la théorie de la partie civile tienne debout – à savoir que Hank aurait attaqué Twila et ses deux fils dans une crise de jalousie à propos de la bise du nouvel an de Howard Mitchell – on doit croire que la suite chancelante des évènements s'est déroulée ainsi :

Hank, allongé sur le canapé, s'est levé de son état d'intoxication et d'inconscience, avec suffisamment de clarté d'esprit pour reconnaître, juste au son, que Mitchell et Twila venaient d'arriver dans l'allée. Il y aurait eu une motivation suffisamment forte pour que Hank fournisse l'énorme effort nécessaire pour atteindre la fenêtre avec une vue sur l'allée. Si l'on doit en croire la théorie de la partie civile, on doit également admettre que Hank suspectait (contre toutes les évidences prouvant le contraire) que Twila lui était infidèle – tout cela à ce moment là. Souvenez vous que Hank était inconscient quand Mitchell est venu chercher Twila pour le réveillon – selon la partie civile, on doit croire que par une quelconque intuition ou sixième sens, Hank savait que Twila n'était pas dans la maison, qu'elle était en compagnie d'une tierce personne et que cette personne était un homme (pas l'un de ses fils) – comme il était inconscient à ce moment là, il n'avait pas pu entendre Twila partir en compagnie de Mitchell. Étant donné l'immense difficulté de Hank à pouvoir se déplacer, encore moins se tenir debout, on doit croire qu'il est parvenu en se traînant – en rampant et en titubant – autour du canapé, à travers le salon, puis par le porche, grimpant sur les boites, la glacière et la penderie pour regarder par la fenêtre en direction d'un petite partie de l'allée visible de cette fenêtre. Ou (avec encore plus de difficultés) atteindre et ouvrir la porte de côté qui donne en direction du porche. Il aurait du effectuer tout cela sans que, ni Twila, ni Mitchell n'ait vu ou entendu ses trébuchements désorientés. La séquence d'événements décrite ci-dessus aurait du se dérouler pendant les quelques minutes durant lesquelles Mitchell est arrivé dans l'allée, a dit au revoir et est reparti.

Le mot de la fin

Il semble inconcevable, alors, que Hank ait pu tuer Twila Busby et ses deux fils juste à cause d'une bise de bonne année.

S'il avait tué les trois victimes dans une crise de jalousie, il y aurait eu, sur le lieu du crime, une tierce personne dont il aurait pu être jaloux – mais dans leur précipitation à identifier Skinner comme l'unique suspect, la partie civile a dit qu'il n'y avait pas de tierce personne autre que Howard Mitchell.

Hank n'aurait pas pu voir Mitchell embrasser Twila, par conséquent, il n'aurait pas pu avoir une crise de jalousie. Même la partie civile a réalisé que tout autre mobile proposé aurait réduit grandement leur crédibilité. Donc, pas de jalousie, pas de mobile. C'est un crime sans mobile. Hank est un homme intelligent, un travailleur para-juridique compétent avec un passé documenté sur ses attentions à l'égard des autres et la défense de leurs droits alors qu'il ne les connaissait à peine. Pourquoi aurait-il tué sa concubine et ses deux fils, encore moins sans raison ? La réponse est simple : IL NE L'AURAIT PAS FAIT .

Application de la loi

On pourrait penser que devant de telles évidences quant à son innocence, l'avocat de Hank n'aurait eu aucune difficulté à faire passer à la Cour la notion de doute raisonnable. Malheureusement, ce ne fut pas le cas.

L'avocat principal de Hank était l'ex-procureur, Harold Comer. Ce n'était pas la première fois qu'ils se rencontraient dans le passé, au cours de son travail auprès d'autres détenus, Hank avait, à plusieurs reprises, défié les méthodes douteuses d'accusation de Comer. Des mots de Hank "...J'avais battu le Procureur (Comer) tant de fois, j'avais appris son petit jeu. Il arrêtait quelqu'un, un criminel réputé, puis un autre qu'il avait déjà condamné auparavant afin d'apporter 'des preuves' contre le premier pour les faire condamner. Il les mettait constamment dos à dos... sa philosophie était qu'il se fichait éperdument de savoir s'ils étaient coupables des crimes dont il les accusait ; plus exactement, il pensait qu'ils étaient des criminels et que leur place était derrière les barreaux pour le plus longtemps possible." Clairement, il n'y avait aucune tendresse entre le défendant et son avocat commis d'office et ceci expliquera l'extrême négligence de Comer qui ne l'a pas défendu. Ceci étant, ceci n'est pas le seul facteur.

Harold Comer termina sa carrière de procureur après avoir été impliqué dans une affaire très connue de détournements de fonds publics. Le 25 février 1992, il a été jugé coupable d'avoir déposé sur son compte personnel 10000 dollars provenant de la drogue, argent saisi par l'État. Il réussit à échapper à une condamnation pour crime, moyennant le remboursement de cette somme avant le procès. Il eut un an de mise à l'épreuve et du payer une amende de 1000 dollars. Comme il ne fut pas condamné pour "crime", il ne fut pas radié du barreau et était redevable à l'État de pouvoir continuer à gagner sa vie.

En moins de deux ans, Comer se trouve commis d'office dans une affaire de meurtre pour représenter un ancien adversaire devant ostensiblement combattre les objectifs d'un État auquel il devait pourtant beaucoup. Il ne faut pas beaucoup d'intuition pour anticiper la qualité de la défense fournie pour Hank Skinner.

Ce niveau de qualité était clair dès le départ. Hank déclare que "...lors de notre premier entretien j'ai... tenté de faire comprendre à Comer que je n'étais pas l'assassin. Sa réponse a été qu'il savait que c'était moi, mais qu'il ferait de son mieux malgré tout."

Au début, Hank a démarré avec un enquêteur productif, Mr E. John Rosa, qui a découvert une grande partie des éléments utiles à la défense, mais Comer l'a rapidement exclu et a embauché Kirven Roper à sa place, "un boit sans soif et ancien vendeur de voiture... En tant qu'enquêteur, il n'aurait pas su trouver de l'eau au milieu d'une inondation." (dixit Skinner) **** Une enquête ultérieur prouva que Comer avait auparavant renvoyé Rosper lorsqu'il était procureur, pour fautes professionnelles, négligence, incompétence et vol.

Comer n'a pas su, durant le procès, souligner qu'aucune arme des crimes n'avait été reliée en aucune manière à Skinner, il n'a pas, non plus, utilisé le fait que l'empreinte relevée sur l'une des armes du crime trouvée dans un sac en plastique, n'était pas celle de Hank.

Il y avait aussi des témoignages importants. Mr Ronnie Campbell fit une déposition sur le fait qu'un autre homme se trouvait dans la maison au moment des crimes. Ronnie, qui était en prison à ce moment-là, avait téléphoné et demandé à parler à Hank. Scooter, (l'aîné des fils de Twila) a répondu et Ronnie a entendu la voix d'un autre homme. Ce n'était pas celle de Hank.

Après la description de ce qu'il avait entendu des voix de Twila et d'un homme non identifié en fond sonore, Ronnie dit qu'il n'a pas entendu la voix de Hank. Alors qu'il s'adressait à Scooter, apeuré, il a demandé à parler à Twila mais il lui répondit qu'elle était en conversation avec "un mec". Ronnie certifie qu'il a entendu Mlle Busby "hurler de façon hystérique".

Que Ronnie Campbell fut un témoin de premier plan, quant aux attaques de Twila Busby et de ses deux fils, semblait clair. Son témoignage, à l'époque, recoupait exactement des éléments du dossier et contenait des faits dont il n'aurait pu avoir connaissance s'il n'avait pas passé cet appel téléphonique. Il y eut également un témoignage complémentaire de la part du geôlier de Ronnie qui souhaitait faire une déposition pour confirmer que Ronnie lui avait parlé de cette conversation juste après qu'elle ait eu lieu. La prison tient un registre de tous les coups de téléphone et Comer était supposé demander, par mandat, le registre concernant cette nuit-là, mais la seule chose qu'il fit, fut de demander au shérif de l'apporter avec lui quand il viendrait déposer à la barre. A ce moment-là, le registre avait mystérieusement "disparu". Ni Ronnie Campbell, ni son geôlier ne furent convoqués pour témoigner au procès.

Tout ceci fut compressé après que la partie civile obtint un faux témoignage mensonger de l'un des témoins principaux, Andrea Joyce Reed. Mlle Reed était la voisine chez laquelle Hank tituba après les crimes. Elle a récemment signé, sous serment, une déposition, en présence de Susie Ferguson, un notaire de l'État du Texas, qui soulève des questions dérangeantes quant à la fiabilité des preuves fournies devant le jury par la partie civile qui réclamait la condamnation à mort d'Henry Watkins Skinner. Les extraits suivants sont issus directement de cette déposition (les textes entre parenthèses sont les résumés de certaines phrases):

"La nuit des crimes.. lorsque Mr Skinner est venu chez moi, il ne força pas l'entrée.. Mr Skinner ne pouvait pas tenir debout et j'ai du, quasiment, le porter où qu'il aille dans la maison..."

"...Après son arrestation, lui et moi furent conduits au commissariat... Il m'est apparu évident que les officiers pensaient que j'avais quelque chose à voir dans tout cela. Plusieurs commentaires furent énoncés sur le fait que je pouvais être arrêtée et inculpée de complicité de meurtres et, qui plus est, de délit fuite. Les officiers me posaient sans cesse des questions pendant que je faisais ma déposition, ce qui finit par la modifier en ce qui concerne le déroulement des évènements cette nuit-là. Des choses m'ont été suggérées et je m'y suis pliée de peur d'être arrêtée et que la police ne me prenne mes enfants, ce qui avait été mentionné à plusieurs reprises..."

"...dans ma déposition à la police, j'ai modifié les faits afin de mettre plus de distance entre Mr Skinner et moi-même... Je n'étais pas impliquée dans ces meurtres, pas plus que j'ai tenté de cacher Mr Skinner à la police, mais j'ai inclus ces éléments dans ma déposition à cet effet, disant que je lui avais demandé de partir, que je ne voulais pas qu'il reste chez moi, que je lui avais refusé d'entrer et que je ne savais pas comment il était entré. Les faits sont simples, je l'ai trouvé, sur mon porche, blessé et incapable de tenir debout sans assistance. Je l'ai fait entrer pour l'aider... la police est arrivée... (et) a demandé s'il était là. j'ai dit que oui..."

"Alors que je parlais à Mr Skinner... (dans la maison)... il était quasiment inconscient et incohérent la plupart du temps. Au procès, j'ai certifié qu'il n'était pas dans un tel état, mais la vérité est qu'il était en piteux état..."

"Au procès, j'ai dit, qu'à mon avis, il était capable de commettre un tel crime. La vérité est, en fait, qu'il était incapable de commettre un acte physique contre qui que ce soit. Il n'a même pas pu aller seul aux toilettes, j'ai du l'aider."

"...(lorsque j'ai) décidé d'appeler Twila pour qu'elle vienne le chercher... il m'a dit que je ne pouvais pas l'appeler parce qu'elle était morte... Il ne m'a jamais dit qu'il l'avait tuée. Ceci est l'une des modifications résultant des pressions que j'ai subies de la part de la police et du bureau du procureur. Lorsque j'ai demandé à Mr Skinner s'il lui avait fait quelque chose, il dit qu'il pensait lui avoir donné un coup de pied. Plus tard, il a ajouté qu'il pensait avoir trébuché sur elle."

"Quand je suis arrivée à Fort Worth avant ma déposition au procès, (on m'a) remis... un scénario... disant 'voilà ce que tu dois dire. Restes-en à cela et tout ira bien'. Le scénario contenait ce qu'ils voulaient que je dise lors de ma déposition, ce que je fis et ce qui était faux pour la plus grande partie, comme je l'ai expliqué précédemment."

Mlle Reed a fait cette déposition sous serment après avoir été tourmentée par le regret et le remord, et pour tenter d'inverser le mal qu'elle avait fait par son premier témoignage.

Manipulation du jury

Il n'est donc pas étonnant, avec une partie civile agressive et sans scrupule, la déplorable qualité d'enquête et la représentation de la défense, que le jury n'ait délibéré que pendant deux heures et demie avant de rendre son verdict. Mais le verdict est le fruit d'éléments additionnels.

Le jury, quel que soit le tribunal, doit prendre une décision basée sur une analyse critique des preuves fournies pendant le procès, et basée uniquement sur celles-ci. Ce principe semble avoir été bafoué dans le cas de Hank Skinner. Hank dit qu'il a des raisons de croire que le jury a été influencé par une fausse rumeur.

Cette rumeur suggérait que des preuves indiquant sa culpabilité, dont une confession enregistrée, n'auraient pas été présentées devant la Cour.  ("Que des mensonges, mais efficace!" HWS)

La possible orientation quant à la décision du jury est mieux expliquée par Hank lui-même:

"Il y a eu plusieurs éléments supprimés par le juge, c'est vrai. Mais il s'agissait d'une chose hâtive pour apaiser une motion de la défense contre une fouille illégale et la suppression de preuves. Aucun des éléments omis n'avaient valeur de preuves pour la partie civile; des citrons pris sur la table de la cuisine, un rouleau de papier toilette pris dans le salon, etc...- insignifiant, c'est tout. Pourtant le procureur en a fait bon usage. Mr Comer lui a écrit une lettre avant le procès lui demandant que 'TOUS les éléments saisis soient présentés à Fort Worth. Donc, le procureur les a fait apporter au tribunal, où le jury put voir des boîtes, mais pas leurs contenus. Ensuite Comer a fait des bonds devant le jury et dit au juge, d'une voix tracassée 'ces preuves ont été supprimées ! Ce n'était même pas supposé être là ! Il y a erreur de procédure ! Et bien, si le jury n'avait pas été informé de ce que j'ai dit précédemment, (la suppression présumée de preuves concluantes)... imaginez l'effet que cela a pu avoir sur eux."

"Nous avons l'évidence de l'effet produit. Quand ils sont allés délibérer, la première chose qu'ils firent fut d'envoyer une note pour dire au juge qu'ils souhaitaient une liste complète de TOUTES les preuves et un magnétophone... Le juge leur répondit que toutes les preuves qu'ils devaient prendre en considération étaient déjà dans la salle de délibération. En d'autres termes, 'bien sûr, il y a d'autres preuves, mais vous les verrez pas".

LE DOSSIER DE HANK AUJOURD'HUI: LES TESTS ADN

En l'an 2000, David Protess, professeur de journalisme à l'Université de North Western en Illinois, avec l'aide de ses étudiants, a mené deux enquêtes indépendantes sur le dossier de Hank. Les questions, les preuves et les témoignages qui en sont ressortis, n'avaient jamais été évoqués lors du procès ou lors des enquêtes précédentes. Le procureur, John Mann, a décidé à ce moment-là et sous la pression des média, de faire tester les preuves. Il a annoncé dans la presse locale: "Je vais tout faire analyser pour ajouter quelques clous supplémentaires dans le cercueil de cet homme (Hank)". Mann a organisé les analyses sans suivre la procédure judiciaire requise et ce malgré les demandes et protestations répétées de l'avocat de Hank, Doug Robinson. A la fin de l'année 2000, Mann a annoncé triomphalement que les résultats du laboratoire indiquaient que Hank était bien la source des cheveux trouvés dans la main droite de Twila ainsi que du sang trouvé sur l'un des cheveux. Mann a déclaré que le chapitre était désormais clos.

Néanmoins, il s'est avéré que cette déclaration de Mann à la presse était fausse. Après avoir terminé son mandat, il ne pouvait plus contrôler, fabriquer ou disséminer d'information au public à propos des tests ADN. En février 2001, le laboratoire a rendu son rapport d'expertise au nouveau procureur, Richard Roach, rapport préparé à la demande de Mann. Ce rapport établi les faits suivants:

- Le sang sur un des cheveux trouvés dans la main de Mlle Busby était un de ses propres cheveux et non un cheveux appartenant à Mr Skinner.

- Le profil mitochondrial ADN de l'autre cheveux trouvé dans la main de Mlle Busby n'est pas concluant en ce qui concerne Mr Skinner et "l'exclu de ce fait comme source potentielle" de l'origine des cheveux analysés.

Le rapport du laboratoire est plus convaincant de l'innocence de Hank que de sa culpabilité. Malgré la déclaration de Mann quant aux analyses de la totalité des preuves, très peu a en fait été testé, ou si cela a été fait, aucun rapport n'a été publié à ce jour ou remis à ses avocats.

Le 9 octobre 2001 et le 25 octobre 2002, l'avocat de Hank, Steven Losch, a déposé un recours pour obtenir les analyses scientifiques des éléments saisis sur le lieu du crime comme suit:

- Comparaison des empreintes digitales, analyse du sang et autre source ADN trouvés sur les deux couteaux, armes du crime présumées.

- Test ADN d'une tâche trouvée sur un torchon qui a été découvert dans un sac plastique avec un des couteaux.

- Test ADN des prélèvements du kit de viol.

- Test ADN des prélèvements d'ongles effectués sur Mlle Busby.

- Comparaison du sang des deux autres victimes avec le sang du suspect numéro 1, Robert Donnell.

- Test ADN des cheveux et du sang récoltés sur une veste trouvée à côté du corps de Twila.

Lire l'analyse de Hank à ce sujet.

Ces requêtes ont été rejetées. Un recours a été déposé à la Cour d'Appels Criminels du Texas qui a également rejeté cet appel le 9 juillet 2003 et ce pour des raisons tout à fait arbitraires (Lire l'analyse de Hank à ce propos). Depuis les avocats de Hank ont déposé une nouvelle requête pour l'obtention de tests ADN auprès de la Cour Fédérale ou l'appel en habeas corpus de Hank est actuellement en cours de traitement. En juillet 2004, le juge fédéral, Clinton Averitte, a accordé en partie les réclamations déposées par cette requête, y compris la transmission à la défenses du dossier et des notes de travail du laboratoire privé que John Mann avait engagé pour effectuer des tests ADN sur une partie des pièces à conviction. Il s'est avéré que le laboratoire a mal interprété les résultats et a simplement omis de déclarer que d'autres résultats disculpent Hank. Encore pire, le laboratoire (GeneScreen qui s'appelle désormais Orchid-Cellmark) a modifié le software de son système d'archives ce qui a obscurci les données électroniques des tests et malgré un arrêt de la cour, le personnel de GeneScreen n'a pas coopéré avec les experts ADN de Hank. En l'an 2000, John Mann avait mis sur pied une campagne diffamatoire contre Hank, campagne qui a duré 7 mois, de juillet à décembre avec des gros titres dans les journaux tels que : «le procureur va faire tester les pièces à conviction - il s'attend à ce que les cheveux retrouvés dans la main de la victime proviennent de la tête de Skinner»; «Les résultats des tests ADN sont attendus le mois prochain - le procureur est sûr que les cheveux sont ceux de Skinner»; «Les résultats des tests ADN impliquent Skinner»; «Le procureur reçoit les résultats des tests ADN effectués sur des pièces à conviction jamais testées auparavant»; «Réactions mitigées après la publication des résultats des tests ADN pour Skinner»; «Les résultats des tests ADN provoquent une vive réaction chez les avocats de Skinner - l'avocat de Washington critique la publication des résultats par le procureur indiquant que les cheveux retrouvés dans la main de la victime portaient la trace du sang de Skinner»; «Le rapport révèle que les cheveux retrouvés dans la main de la victime appartenaient à Skinner, le procureur indique : dans tous les tests effectués il n'y aucune trace d'une tierce personne»; «Mann : les tests ADN impliquent Skinner», et d'autres articles, tous dans la même verve.

On pourrait se demander pourquoi John Mann avait choisi un laboratoire privé pour faire les tests à un coût de $8000 à $12000 pour les contribuables alors qu'il aurait pu faire effectuer les analyses par le laboratoire du DPS et ce gratuitement. La réponse se trouve inévitablement auprès du technicien de GeneScreen, William « Bill» Watson. L'assistante du Procureur du Comté de Harris à Houston en charge de dossiers passibles de la peine capitale, Kelly Siegler, avait une préférence pour Watson et le faisait travailler sur la plupart de ses dossiers car Watson est réputé pour fournir aux procureurs les résultats qu'ils souhaitent. Tout comme le médecin légiste Ralph Erdmann M.E. donnait au procureur de Lubbock des résultats d'autopsie «faits sur mesure», peut-être Bill Watson a-t- il donné à John Mann des résultats de tests ADN «sur mesure»? Ceci expliquerait pourquoi les articles de presse ont cité John Mann qui « s'attendait» à certains résultats. Peut-être tout avait déjà été orchestré, Mann attendait que GeneScreen lui donne des résultats démontrant la culpabilité de Hank? La vérité est bien là, aucune des analyses des cheveux trouvés dans la main de la victime appartenait à Hank Skinner, mais ils appartiennent bien à une tierce personne! Dès lors que le tribunal a obligé GeneScreen à fournir à la défense les informations détaillées de leurs analyses et que ces informations ont pu être étudiées par un expert de renom, neutre et indépendant; les «mauvaises interprétations» de GeneScreen sont devenues claires. A partir de ces éléments matériels tangibles, les avocats de Hank ont à nouveau déposé une requête pour l'obtention de tests ADN complets des six éléments listés plus haut. Cette requête a été rejetée.

Le 25 juillet 2005, le Juge Fédéral a ordonné une audience à ce propos ainsi que sur certaines des réclamations exposées par Hank dans son appel en habeas corpus. Cette audience a eu lieu les 16, 17 et 18 novembre 2005 à la Cour Fédérale du District d'Amarillo. Les deux parties ont déposé leurs conclusions le 10 janvier 2006. Le magistrat, Juge Averitte, a rendu son rapport avec ses conclusions et recommandations le 29 septembre 2006. Les avocats de Hank ont déposé leurs objections le 17 novembre 2006. En février 2007, la Juge Robinson a rendu un arrêt d'une page rejetant l'appel fédéral en habeas corpus.

Le 9 mai 2007, les avocats de Hank ont déposé une demande de certificat d’appel concernant la représentation juridique déficiente de leur client lors de son procès. Le 27 juillet 2007, la Juge Robinson a rejeté cette demande. Cette décision est actuellement en appel auprès de la cour fédérale du 5ème circuit et les avocats de Hank ont déposé une nouvelle requête pour l’obtention de tests ADN.

En dehors des tests ADN, il y a deux éléments qui relèvent d’expertises scientifiques et qui restent à explorer. La première est la toxico-kinésiologie pour étudier les effets du mélange d’alcool et de codéine dans le sang de Hank afin d’établir un profil précis quant à sa coordination et ses mouvements à l’heure des crimes. La deuxième est la bio-méchanique pour recouper ce qui suit : sa blessure récente (à la date des crimes) qui avait terriblement handicapé sa main droite ; en corrélation avec les conclusions de l’autopsie concernant l’étranglement de Twila qui a requis une force équivalente dans les deux mains ainsi qu’une force particulièrement puissante.

Comme on peut noter dans les décisions juridiques sur ce dossier entre février et juillet 2007, il est clair que l’état du Texas a décidé d’accélérer la procédure d’appel et enterrer la vérité à jamais. Le temps est désormais un facteur fondamental et votre soutien est urgent pour nous permettre d’engager les experts nécessaires qui vraisemblablement devront venir de l’extérieur du Texas et afin de couvrir le coût des tests ADN. Les éléments ci- dessous démontrent, une fois de plus, que seule une combinaison d’excellent travail juridique et d’un soutien important à l’extérieur permettra d’étaler la vérité au grand jour et de sauver la vie de Hank :

La condition physique de Hank à l’heure des crimes et pendant les heures qui ont suivi prouve que sa réaction allergique à la codéine associée à l’absorption d’alcool l’avaient précipités dans un état quasi-comateux, le rendant incapable des mouvements coordonnés qui ont été nécessaires pour commettre les crimes et ce pendant une courte période de temps. Twila a été frappée à la tête à quatorze reprises avec un manche de hache. Ses fils ont tous deux été poignardés dans la zone du cœur par des coups répétés et groupés. L’expert toxicologue pour la défense, le Dr Lowry du FBI, n’a aucun doute sur le fait que Hank n’était pas en état de se tenir debout sans être aidé, encore moins de frapper une personne à mort et de poignarder deux autre personnes dans un laps de temps très court. Par ailleurs, le Dr Lowry n’avait même pas été informé (par les avocats de la défense) de l’allergie de Hank à la codéine qui est pourtant documentée dans son dossier médical depuis l’âge de 17 ans. Cette faute des avocats de Hank a permis au procureur d’argumenter qu’en fait Hank était un drogué chronique ayant développé une tolérance qui l’aurait rendu capable de commettre les crimes malgré sa condition à l’heure des crimes. La vérité est que son allergie l’avait rendu quasiment impotent. Le Dr Lowry a, depuis le procès, fait un témoignage sous serment attestant de ce fait médical.

Twila a été étranglée jusqu’à l’asphyxie par des mains si fortes qu’elles ont laissé des marques sur sa peau et brisé les os de sa nuque. À l’époque des crimes, Hank soignait une coupure à sa main droite qui avait presque sectionné son pouce. La plaie s’est infectée à un tel point qu’elle a nécessité une intervention chirurgicale, entraînant une perte musculaire de 30 à 35% et une perte de force de 50%. Au moment des crimes, Hank pouvait à peine tenir une brosse à cheveux dans sa main pour se coiffer. Hank est droitier et n’aurait pas pu manipuler des couteaux ou le manche d’une hache.

Malgré l’existence de matière génétique prélevée sur la scène du crime (Coupures d’ongles, un kit de viol, deux couteaux, un torchon de cuisine ensanglanté ainsi qu’une veste d’homme de taille XlG 44-46 retrouvée à côté du corps de Twila), aucun de ces éléments n’a été soumis aux tests ADN avant le procès. En 2000, le professeur David Protess de l’université de Nortwestern en Illinois a mené une enquête approfondie sur le dossier de Hank et découvert les preuves de son innocence.

Malgré la promesse faite par l’état du Texas, à David Protess, Byrson Hull – un journaliste de l’Associated Press, et Maureen Maher de CBS News, de faire tester tous les prélèvements, à la date d’aujourd’hui les requêtes de ses avocats pour l’obtention des tests ADN ont été soit rejetées soit ignorées. De plus le professeur Protess, qui avait promis à Hank qu’il ne lâcherait pas son dossier tant que la lumière ne serait pas faite sur son innocence, a récemment décliné de reprendre le dossier là où il l’avait laissé en 2000.

L’une des armes présumées du crime, l’un des deux couteaux trouvés sur la scène du crime, était dans un sac en plastique sur lequel a été relevé une empreinte de main qui n’est pas celle de Hank.

Des empreintes de chaussures (de larges semelles de bottes) ont été trouvées dans la mare de sang qui s’était formée autour de la tête de Twila et qui menaient à la porte d’entrée, celles-ci n’ont fait l’objet d’aucune enquête quant à leur origine. Hank porte du 42/43 et ne possédait à l’époque qu’une paire de tennis et une paire de mocassins. Le soir des crimes, Hank était en chaussettes. Les empreintes de bottes relevées sur la scène du crime étaient de taille 45/46.

Des gouttes de sang frais prélevées sur le trottoir devant la maison ont été analysées et l’origine ADN établit qu’il provient d’un homme à l’identité inconnue.

Sur la partie en verre de la porte d’entrée, une empreinte de main ensanglantée a été trouvée. Elle a été préservée lorsque la porte a été démontée. Le verre était recouvert avec du papier calque, mais alors que les divers prélèvements étaient stockés dans les locaux du shériff, quelqu’un a soigneusement découpé le papier calque et gratter l’empreinte avec une lame de rasoir pour la faire disparaître.

Robert Donnell, l’oncle maternel de Twila, avait un passif de violence. Il a été vu, lors de la soirée du Nouvel An chez des voisins, en train de harceler Twila la nuit des crimes. Donnell avait violé sa nièce à deux reprises et sa passion pour les couteaux était connue. Twila a été retrouvée avec la fermeture éclair de son pantalon défaite et son chemisier remonté au-dessus de sa poitrine. Le médecin légiste a témoigné que la zone génitale de Twila présentait des rougeurs et des irritations. Après que Twila ait quitté la soirée de réveillon, Donnell l’a suivie cinq minutes plus tard, pourtant il n’a jamais eu à justifier son emploi du temps à l’heure des crimes. Après que Donnell fut rentré à son domicile, il a été informé du décès de sa nièce et de ses petits-neveux vers 5 heures du matin, il n’a exprimé aucune émotion, mais il a garé son véhicule devant chez lui, en a retiré les sièges et l’intérieur, a tout nettoyé a grande eau avec une brosse, a remplacé les tapis de sol et a ensuite repeint l’extérieur du véhicule. Plus tard, un enfant du voisinage a identifié le véhicule de Donnell comme celui qui était garé devant la maison de Twila à l’heure des crimes. La police n’a jamais enquêté sur Donnell et ne l’a jamais interrogé. Il a été tué plus tard dans un accident de voiture après avoir conduit en état d’ivresse.

Hank mérite la justice et la justice réclame la vérité.

À la date d’aujourd’hui, il y a eu 248 acquittements aux Etats-Unis grâce aux tests ADN, 139 d’entre eux étaient condamnés à mort. Le Texas mène la course en tête non seulement en ce qui concerne les exécutions (447) mais également en ce qui concerne le nombre d’acquittements suite à des tests ADN (39) et ceci n’est pas une coincidence.

Il y a eu deux développements pour les appels de Hank ces derniers mois. La cour d’appel fédérale du 5ème circuit a accordé un certificat d’appel le 14 mai 2008. Ses avocats ont déposé leur requête le 24 juillet 2008. Le 14 juillet 2009, cette même cour a rejeté l’appel. La cour d’appel d’état à Austin a accordé une audience pour permettre à la défense de présenter ses arguments en faveur des tests ADN, cette audience a eu lieu le 1er octobre 2008. Le 23 septembre 2009, cet appel a également été rejeté.

Le 23 novembre 2009, la défense a déposé un appel auprès de la Cour Suprême des Etats-Unis et le 27 novembre, elle a également déposé une plainte en cour fédérale contre l’avocat général de Gray County, Lynn Switzer, qui refuse de transmettre les pièces à conviction à la défense afin que les tests ADN puissent être enfin pratiqués.

Le 15 janvier 2010 le magistrat en charge de la plainte a transmis ses conclusions et recommandé que la plainte soit annulée. La juge fédérale Mary Lou Robinson a confirmé ce rapport, et le 20 janvier 2010, elle a rendu un jugement d'une page qui confirme l'annulation de la plainte contre l'avocate générale du Comté de Gray, Lynn Switzer. Il a été fait appel de cette décision à la Cour d'Appels Fédérale du 5ème Circuit, mais le 28 janvier, cette même cour a rejeté la demande d'appel, et l'affaire est maintenant en appel devant la Cour Suprême des Etats-Unis. Hank a, de son côté, envoyé une lettre à l'avocate général du Comté de Gray, Lynn Switzer, afin d'exposer en détail la situation de son dossier concernant les tests ADN et lui demandant de lui accorder un sursis de 120 jours et d'ordonner que les tests ADN soient pratiqués.

Le 19 février 2010, les avocats de Hank ont déposé une requête afin de faire annuler la nouvelle date d'exécution car Hank a d'autres appels en cours. Le 1er mars, la Cour Suprême des Etats-Unis a refusé d'entendre son appel #09-7784, mais une autre requête auprès de la Cour Suprême des Etats-Unis est toujours en attente de décision (#09-9000). Ce même jour, ses avocats ont déposé un nouvel appel en cour d'état.

En réponse au nouvel appel déposé par ses avocats, le 4 mars, la cour a rendu une ordonnance qui stipule que la requête pour un nouvel appel en habeas corpus doit être déposée directement auprès de la cour d'appels du Texas afin de déterminer s'il s'agit bien, en termes de procédure, d'un "nouvel appel" ou d'un appel "successif". Le 9 mars, les avocats de Hank ont déposé une nouvelle requête à la cour d'appels demandant que ce nouvel appel soit renvoyé et traité par la cour qui l'a jugé. Le 11 mars, les avocats ont adressé une lettre au Gouverneur Rick Perry lui demandant d'accorder un sursis de 30 jours et d'ordonner les tests ADN. Ces documents sont disponibles dans la version anglaise du site, dans la rubrique "legal document".

A la 11ème heure, la Cour Suprême des Etats-Unis a ordonné un sursis illimité. Le 24 mai, deux mois jour pour jour après l'annonce du sursis, la Cour a accepté d'instruire la requête de la défense. Une audience est programmée pour le 13 octobre à Washington et la décision de la Cour sera annoncée au printemps 2011. Il est important de comprendre que si la Cour Suprême lui donne raison, cette décision ne lui donnera pas accès aux tests ADN ou aux scellées, mais lui donnera simplement le droit de poursuivre sa plainte au civil contre l'avocate générale du Comté de Gray, Lynn Switzer, afin que celle-ci accepte de transmettre les scellées à la défense pour que des tests puissent être effectués. Les avocats de Hank ont déposé leurs arguments écrits à la Cour Suprême le 22 juillet 2010.

Le 24 mai 2010, la Cour Suprême des Etats-Unis a accepté d'instruire le dossier de Hank, la décision est ici.

Le 7 mars 2011, la Cour Suprême des Etats Unis a voté en faveur de Hank à 6 voix contre 3. La décision est ici. Cette décision permet à Hank de continuer sa plainte au civil pour tenter d'obtenir des tests ADN.

Le 2 juin 2011, l'accusée dans la plainte au civil, Lynn Switzer, a déposé une demande pour faire annuler la plainte ainsi qu'une argumentation sur le fond de la demande de tests ADN. Le 14 juillet, les avocats de la défense ont déposé leur réponse et Lynn Switzer a répondu de son côté.

Entre temps, le juge a signé un nouveau mandat pour l'exécution de Hank le 9 novembre 2011.

Le 2 septembre 2011, les avocats de Hank ont déposé, au tribunal de Gray County Texas, une requête afin d'obtenir les analyses ADN des principaux scellés qui n'ont jamais été testés. La requête est déposée sous une nouvelle loi, SB 122, qui est devenue applicable au 1er septembre. Le but de SB122 est de garantir que les barrières de procédure n'empêchent pas les prisonniers de faire tester des scellés qui ne l'ont jamais été et qui pourraient faire l'objet d'analyses. Les avocats de Hank ont également demandé au tribunal d'annuler la date d'exécution fixée au 9 novembre prochain, car celle-ci ne donnerait pas le temps nécessaire pour que ces analyses soient effectuées.

Le 6 octobre, le juge fédéral a publié un arrêt ordonnant une audience, concernant la plainte au civil accordée par la Cour Suprême des Etats-unis en mars dernier, pour le 24 octobre 2011. Les avocats de Hank ont déposé leurs arguments par écrit ainsi que la partie adverse le 17 octobre 2011. La cour fédérale n'a pas encore rendu de décision. La cour d'état n'a pas encore statué sur la nouvelle demande de tests ADN ou sur la demande du retrait du mandat d'exécution.

Le 27 octobre, des élus du Texas ont envoyé une lettre ouverte au Gouverneur Rick Perry lui demandant de faire lever le mandat d'exécution afin que les tests ADN puissent être effectués.

Le 2 novembre 2011, le juge Emmert a rejeté la nouvelle demande de tests ADN. Cette décision est en appel devant la Cour d'appel à Austin.

Le 7 novembre 2011, la Cour d'Appel a publié un arrêt accordant un sursis afin de permettre l'instruction de l'appel concernant la nouvelle demande de tests ADN qui avait été rejetée en première instance.

Le 21 novembre 2011, le juge Emmert a signé un deuxième arrêté rejetant la troisième demande de tests ADN.

Le 30 janvier 2012, les avocats de Hank ont déposé leur appel, et l'état a déposé le sien le 5 mars 2012.

Le 1er avril 2012, la Cour d'Appels a ordonné une audience pour le 2 mai 2012. Vous pouvez lire la retranscription de cette audience en anglais dans la version anglaise du site, rubrique "Legal Documents".

Le 1er juin 2012, le Ministère de la Justice a déposé une information indiquant que l'état n'était plus opposé aux tests ADN. Les avocats de Hank ont transmis le communiqué de presse suivant:

"Depuis plus de dix ans, M. Skinner lutte pour que des scellés essentiels à la vérité dans ce dossier fassent l'objet de tests ADN. Nous sommes heureux que l'Etats semble décidé à travailler avec nous afin que ces tests deviennent réalité.

Il sera nécessaire, bien sûr, de se mettre d'accord avec l'Etat sur les modalités de ces tests ADN, afin de s'assurer que les scellés sont correctement et prudemment manipulés, et que chaque scellé que nous avons identifié comme important soit testé.

En 2000, l'Etat a gâcher l'occasion de finaliser des tests ADN en toute équité lorsqu'il a écarté l'équipe de la défense dans ses décisions. Les Texans attendent de la précision dans ce dossier de peine capitale, et les procédures à venir devront garantir que les résultats soient à la hauteur de leur confiance. A cet égard, toutes les déterminations concernant le comment et par qui les scellés seront manipulés et testés devront être transparentes, avec l'implication des deux parties lors de chaque étape.

Nous sommes impatients de collaborer avec l'Etat afin que ces tests ADN puissent être effectués dans les meilleurs délais."

Le 12 juin 2012, l'Etat du Texas et les avocats de Hank Skinner ont déposé une requête conjointe signifiant à la cour d'appels leur accord afin de procéder à l'analyse ADN de quarante scellés. Cette même cour devrait valider cette requête dans les meilleurs délais et renvoyer le dossier vers le juge Emmert qui, à son tour, signera un arrêt afin de lancer la procédure des tests.

Voici la déclaration de l'avocat principal de Hank Skinner, Rob Owen:

"Nous sommes heureux d'avoir trouvé un accord qui va enfin permettre les analyses ADN dans ce dossier, néanmoins une sérieuse inquiétude subsiste car ces analyses ne pourront être faites sur un scellé majeur récupéré par la police sur la scène de crime - une veste d'homme trouvée à côté du corps de la victime, Twila Busby, sur laquelle se trouvait des éclaboussures de sang, des cheveux et de la sueur. Dès le début de son combat pour obtenir des tests ADN, M. Skinner insiste sur la nécessité de tester cette veste car elle a probablement été portée par le meurtrier. De plus, depuis le procès, un témoin a positivement identifié cette veste sur photo comme étant celle portée fréquemment par l'oncle de la victime, Robert Donnell, qui avait été vu en train de harceler Twila lors de la soirée de réveillon, peu de temps avant sa mort. Il est indéniable que l'analyse ADN de cette veste est fondamentale pour déterminer l'identité du coupable dans cette affaire.

D'après l'Etat, chaque scellé a été préservé. Il est difficile de comprendre comment l'Etat a réussi à assurer le stockage d'un scellé aussi petit que les coupures d'ongles de la victime, et dans le même temps égarer un scellé aussi volumineux qu'une veste d'homme. A la date d'aujourd'hui, l'Etat n'a donné aucune explication quant à cette disparition de scellé dans cette affaire. Les représentants de l'Etat n'ont pas non plus expliqué pourquoi, lors des nombreuses audiences concernant les demandes de tests ADN de Mr. Skinner, ils ont systématiquement déclaré que les scellés en question existaient et qu'ils étaient en état d'être analysés.

Les médias et le public doivent exiger des réponses à ces questions."

Le 22 juin 2012, un protocole bilatéral a été signé par les parties.

Suite à la recommandation déposée au tribunal par le ministère de la Justice et aux articles de presse, l'avocat de Hank a publié le communiqué de presse suivant:

«Nous trouvons inquiétant que le Bureau du ministère de la Justice a jugé bon de publier les résultats partiels des analyses ADN et de présenter son opinion au tribunal alors que les tests ADN sont toujours en cours. Les résultats partiels qui ont été produits par la première série de tests ADN montrent qu'au moins une personne, autre que Hank Skinner et les victimes, aurait pu être présents dans la maison la nuit des meurtres ont eu lieu, et peut-être avoir eu des contacts avec l'un des les armes utilisées pour les meurtres.

Nous ne sommes pas en mesure de tirer de conclusions fermes quant à savoir si l'analyse de l'ADN a résolu les questions persistantes quant à la culpabilité de Hank Skinner ou de l'innocence jusqu'à ce que l'ensemble des tests ADN soit achevé, et que les données sous-jacentes aux analyses ADN ait été mis à la disposition de nos experts pour un examen détaillé.

Plus précisément, les tests ADN d'un échantillon de moquette de la chambre occupée par les victimes, Elwin Caler et Randy Busby, révèle un profil ADN mixte de M. Caler et celui d'une personne inconnue qui n'est pas M. Skinner, Randy Busby, ou Twila Busby.

En outre, des tests d'ADN d'une tache sur un couteau qui pourrait bien avoir été utilisé dans les meurtres révèle un mélange d'ADN de trois contributeurs. Deux de ces contributeurs semblent M. Caler et M. Skinner, mais le troisième contributeur est quelqu'un d'autre que M. Caler, M. Skinner, Randy Busby ou Twila Busby.

Le laboratoire de police a soumis le profil génétique inconnu de l'échantillon de moquette à la base de données ADN CODIS, mais cette recherche n'a produit aucun résultat.

Nous avons demandé de nouvelles analyses génétiques qui pourraient améliorer la qualité du profil ADN inconnu à partir de l'échantillon de moquette afin de permettre aux autorités de le soumettre au CODIS, la base de données nationale de données ADN, afin de chercher des correspondances. Nous avons également demandé de nouvelles analyses génétiques des taches sur couteau, afin de développer davantage le profil d'identification génétique du troisième contributeur.

Toutes les parties doivent faire tout en leur pouvoir pour s'assurer que le Texas ne va pas commettre une erreur irréversible. "

- Rob Owen, avocat de Hank Skinner | Professeur à l'Université de droit du Texas 14 novembre 2012

Le 1er avril 2013, le ministère de la Justice et la défense ont signé un accord concernant les tests ADN mitochondriaux. Ceux-ci seront effectués par un laboratoire privé et seront payés par Hank.

À la fin du mois d’août 2013, l’ensemble des analyses AND était terminé. Le 29 août, la défense a déposé une recommandation auprès de la 31e cour du district du Comté de Gray ainsi que les résultats des analyses mitochondriales et le rapport sur les éléments de preuve. Une audience aura lieu en février 2014.

Merci beaucoup à tous pour vos dons qui ont permis d'effectuer ces dernières analyses!

Les 3 et 4 février 2014, une audience a eu lieu à Pampa. Les avocats de la défense et de l'état ont déposé leurs recommandations auprès du juge le 6 juin 2014. Le Juge Emmert doit maintenant déposer ses conclusions auprès de la Cour d'Appel à Austin.

Merci à tous pour votre soutien!

Une contribution au fond de soutien de Hank, aussi modeste soit la somme, est une contribution pour la justice et permet de lutter contre un système judiciaire gouverné par la corruption.

NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE AIDE POUR PROUVER L’INNOCENCE DE HANK AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD !! D’AVANCE MERCI POUR VOTRE SOUTIEN !!

Dernière mise à jour - 1 juillet 2014